Amateurs et institutions. Des Académies aux plateformes numériques.

By Johann Zoffany - Web Gallery of Art

mardi 29 mai 2018, Université Paris Nanterre, (bâtiment Max Weber)

Journée d’étude du projet Wikipatrimoine, dans le Labex Les passés dans le présent, avec le soutien de la COMUE Université Paris-Lumières et de la direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture (département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique).

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Programme

9h15 Accueil

9h30 Introduction, Marta Severo, maître de conférences, EA Dicen-idf, Université de Nanterre (coordinatrice du projet Wikipatrimoine)

9h45 Charlotte Guichard, directrice de recherche au CNRS, Institut d’histoire moderne et contemporaine, Paris
Nouveaux publics, nouveaux praticiens : les amateurs et l’Académie dans l’espace artistique des Lumières

10h15 Fernando Filipponi, historien de l’art, Labex Les Passés dans le Présent
Hommes de lettres, artistes, aristocrates, collectionneurs. L’Arcadie : un nouvel espace de sociabilité sous l’emprise de la curie romaine

10h45 Pause café

11h15 Patrice Flichy, professeur des universités, LATTS, Université Paris Est
Le travail de l’amateur sur les plateformes numériques

11h45 Valérie Beaudouin, directrice d’études en sociologie, Télécom ParisTech
L’amateur et les espaces institutionnels : le cas de Gallica (Bibliothèque nationale de France)

12h30 – 14h Déjeuner buffet

14h Valérie Croissant, maître de conférences, EA ELICO, Université de Lyon 2
La recommandation culturelle des amateurs sur le web : Sens Critique ou la fabrique des prescripteurs

14h30 Frédérique Chlous, professeure des universités, et Anna Echassoux, coordinatrice du projet Particip-Arc, Muséum national d’Histoire naturelle
Recherches culturelles et sciences participatives

15h Sheenargh Pietrobruno, professeure associée, Saint Paul University (Canada) et professeure invitée, Linkoping University (Suède)
YouTube comme archive participative et commerciale du patrimoine culturel immatériel

15h30 Pause café

16h Table ronde : Retour d’expériences de projets de plateformes contributives culturelles

Présidente de séance : Claire Scopsi, maître de conférences, EA Dicen-idf, CNAM
– Isabelle Chave, conservateur en chef du patrimoine, DPRPS, ministère de la Culture, Le projet PCI-Lab, plateforme participative pour l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France
– Eliane Camargo, post-doctorante, LESC, et Sara Tandar, responsable en humanités numériques à la MAE, Le projet SAWA – Savoirs autochtones wayana-apalaï
– Christine Coulange, directrice artistique de Sisygambis, Une plateforme pour le patrimoine immatériel de Mayotte

17h30 Clôture

 

Inscriptions

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Informations pratiques

Université Paris Nanterre, Bâtiment Max Web, Amphithéâtre
200 Avenue de la République, 92000 Nanterre
Métro Nanterre Université (le 29 mai est un jour de grève, mais jusqu’à aujourd’hui le trafic de la RER A jusqu’à Nanterre a été normal)

 

Contact

Marta Severo, responsable du projet Wikipatrimoine, marta.severo@parisnanterre.fr

Fernando Filipponi, IR du projet Wikipatrimoine, fernando.filipponi@parisnanterre.fr

 

Argumentaire de la journée

De l’époque des propriétaires de cabinets de curiosité et des souverains collectionneurs à la fondation de l’Arcadie et à l’affirmation des académies, la figure de l’amateur de l’époque moderne, dans ses multiples facettes – amateur d’art et artiste en amateur, érudit, connaisseur, passionné ou simplement curieux -, a joué un rôle important dans la construction des connaissances et des savoirs à côté des institutions. Cependant, à partir du dix-huitième siècle, avec l’institutionnalisation des sciences et la création d’un espace public du goût par les hommes de lettres, l’amateur perd sa place à côté de l’institution et le terme même « amateur » est dévalorisé et se définit comme l’antonyme du professionnel : un dilettante ou un incompétent.

Aujourd’hui, après une longue phase d’oubli, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l’amateur, en lui offrant des espaces inédits d’expression. Musiciens, artistes et écrivains amateurs peuvent diffuser leurs œuvres à travers des plateformes comme SoundCloud ou Wattpad ; des cinéphiles, fans de séries ou passionnés de l’art et du patrimoine peuvent également faire entendre leur voix sur SensCritique, FanFiction ou sur des pages Facebook dédiées.

Face à cette nouvelle donne, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle qu’y pourrait jouer le numérique dans leurs activités de médiation et valorisation. La préoccupation des institutions culturelles est non seulement de mieux comprendre ces phénomènes de construction participative des savoirs, mais surtout d’orienter l’énergie et l’enthousiasme des amateurs vers l’enceinte des musées, archives, bibliothèques, théâtres, etc. Le récent cas du projet 1 jour 1 poilu montre bien comment les institutions françaises voient l’urgence de trouver des solutions pour intégrer dans leurs activités cette nouvelle manière de produire de connaissances « par le bas ».

Dans ce cadre, cette journée d’étude vise à réunir des chercheur.e.s de différentes disciplines pour réfléchir sur les rapports entre institutions et amateurs d’art, de patrimoine et de culture, au sens large. La comparaison entre différents contextes historiques, sociaux, politiques et techniques permettra de construire un regard transversal par rapport à cette problématique et de tisser un fil rouge entre le rôle de l’amateur face aux institutions académiques à l’époque moderne et les passionnés qui interviennent aujourd’hui sur les réseaux sociaux de manière auto-organisée ou sur les plateformes participatives institutionnelles.

 

La direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture soutient Wikipatrimoine

Le département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique de la direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture donnera un cofinancement au projet Wikipatrimoine pour réaliser un cas d’études à propos de la nouvelle plateforme de valorisation du Patrimoine culturel immatériel. Le site web Pci-Lab (www.pci-lab.fr) a été lancé en octobre 2017 pour donner plus de visibilité aux éléments inscrits à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Les fiches d’inventaire publiées sur ce site ont été également publiées sur la plateforme participative Wikipédia et elles sont consultables à partir de la page Wikipédia de l’Inventaire national.

L’équipe du projet Wikipatrimoine étudiera les activités des contributeurs de Wikipédia sur les fiches de l’inventaire.

En outre, le cofinancement permettra l’organisation d’une journée d’étude et la publication d’une monographie sur le sujet.

 

Le projet Wikipatrimoine lauréat de l’appel à projet de la COMUE UPL 2018

Le projet « Plateformes contributives culturelles : création, documentation et valorisations collaboratives des cultures et des patrimoines », extension du projet Wikipatrimoine, a été financé dans le cadre de l’appel à projet de la COMUE Université Paris Lumières. Cet appel vise à permettre de préfigurer des projets de plus grande ampleur, destinés à être soumis, immédiatement ou à terme, dans le cadre d’appels à projets français ou européens (ANR, FEDER, H2020, ERC,…).

Dans le cadre de Wikipatrimoine, ce cofinancement permettra de :

renforcer la réflexion théorique, en définissant le cadre conceptuel de la gestion contributive en ligne.

élargir l’état de lieux des plateformes contributives culturelles au périmètre de la COMUE avec attention particulière pour les projets de création réalisés financés par l’Idéfi CréatiTic.

– ajouter un nouveau cas d’étude de plateforme orienté à la création. Ca sera le projet de plateforme de médiation du patrimoine culturel immatériel de Mayotte. Ce projet, porté par Sisygambis (association dirigée par l’artiste multimédia Christine Coulange en résidence à Mayotte 2016-2018), en collaboration avec le musée de Mayotte (sous tutelle du département), l’université Paris 8 (programme CréaTIC) associée à la chaire UNESCO ITEN et le CUFR de Mayotte, a permis la réalisation, avec le soutien de l’institut du monde arabe, d’un webdocumentaire multilingue (http://les-ports.sisygambis.webdoc.imarabe.org/). Aujourd’hui, le projet se poursuit avec l’intention de construire un inventaire participatif du patrimoine immatériel de Mayotte sur le modèle du projet français PCI-Lab, en incluant les deux langues locales (Shimaore et Kibushi).

 

Enfin, l’aide financière de la COMUE a déjà permis de tisser des relations importantes avec certains acteurs de l’Idéfi CréatiTic qui ont porté à un dépôt conjoint d’une proposition ANR générique, intitulée COLLABORA.

La sagesse de la foule. La masse à l’ère des plateformes numériques.

Conférence invitée de Marzia Antenore, Département de Communication et de Recherche Sociale – Université Sapienza de Rome

21 mars 2018 10h30-12h30
Salle 2, Bâtiment Max Weber, Université Paris Nanterre

La sagesse des foules a longtemps été un sujet d’intérêt dans de nombreux domaines tels que la philosophie, la psychologie et, plus récemment, les études de communication de masse. Au XIXe siècle, le psychologue social français Gustave Le Bon (1841-1931) définissait une foule comme un groupe d’individus unis par une idée, une croyance ou une idéologie commune. Dans son livre classique Psychologie des foules (1895), Le Bon affirme que ces idées, croyances et idéologies ne sont jamais créées par les membres de la foule et que les foules les acceptent superficiellement, sans aucune forme d’examen de preuve.

Une telle vue peu flatteuse est assez différente des perceptions contemporaines. De nos jours, la sagesse de la foule est souvent recherchée. La prise de décision et les opinions globales sont souvent considérées comme plus fiables que celles d’une seule personne, surtout dans le domaine en ligne. Au cours de mon exposé, je discuterai de quelques exemples notables de ce phénomène: plates-formes de commerce électronique (par exemple, systèmes de recommandation), moteurs de recherche, plateformes collaboratives (par exemple Wikipédia), financement participatif et journalisme de données.

 

The wisdom of the crowd. The mass in the digital platforms’ era. 

The wisdom of the crowds has long been a topic of interest in many fields such as philosophy, psychology, and, more recently, mass communication studies. In the 19th century the French social psychologist Gustave Le Bon (1841-1931) defined a crowd as a group of individuals united by a common idea, belief, or ideology. In his classical book « The Crowd: A Study of the Popular Mind » (1895) Le Bon asserted that these bonding ideas, beliefs and ideologies were never created by members of the crowd, and that crowds accepted them superficially, without any form of examination of evidence.

Such an unflattering view is quite different from contemporary perceptions. Nowadays the wisdom of the crowd is often sought-after. Aggregate decision making and opinions are often considered to be more reliable than those of any single individual, especially in the online domain. In my talk, I will discuss some notable examples of this phenomenon: e-commerce platforms (e.g. Recommender System), search engines, collaborative platforms (e.g. Wikipedia), crowdfunding, and data journalism.

 

 

Appel à candidatures stage gratifié sur les projets contributifs culturels

Niveau : Master 2
Durée : 3-4 mois (possibilité de stage alterné)
Lieu : Université Paris Nanterre
Début de stage : mars ou avril

Encadrement :
Fernando Filipponi, Université Paris Nanterre (histoire de l’art)
Marta Severo, Université Paris Nanterre (sciences de la communication)

Contexte :
Ces dernières années, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle qu’y pourrait jouer le numérique. Leur préoccupation est non seulement de mieux comprendre ces phénomènes de construction collaborative des savoirs, mais aussi d’orienter l’énergie et l’enthousiasme des amateurs vers l’enceint des musées, archives, bibliothèques, théâtres, etc.
Le Projet Wikipatrimoine (http://wikipatrimoine.parisnanterre.fr/), financé par le Labex Les passés dans le présent et par la COMUE Université Paris Lumières, vise à étudier et à encourager les nouvelles initiatives contributives pour la création, documentation et valorisation collaboratives du patrimoine culturel. Ces initiatives peuvent s’appuyer sur des plateformes ad hoc (wiki, forum, folksonomies, crowdsoucing, etc.), mais également sur des pages ou comptes de médias sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, etc.)

Les objectifs de ce stage sont :
–       Contribuer à la définition de l’état des lieux des projets contributifs culturels en France et à l’international à travers un travail de veille sur le web, sur les médias sociaux et dans la littérature scientifique.
–       Participer à la réalisation des cas d’étude prévus dans le cadre du projet (entretiens semi-directifs et ethnographie numérique)
–       Participer à l’organisation d’une conférence sur la thématique du projet qui aura lieu en juin 2018.

Prérequis:
– Master 2 en sciences humaines ou sociales (communication, sociologie, anthropologie, histoire de l’art, humanités, etc.) ;
– bonnes capacités d’analyse et rédactionnelles ;
– capacité de mettre en place une démarche de veille ;
– compréhension des méthodes d’analyse en sciences sociales (notamment méthodes ethnographiques) ;
– capacité de travailler en équipe et individuellement ;
– lecture et analyse de la littérature scientifique (aussi en anglais) ;
– intérêt pour le sujet.

Le stage est rémunéré.

Pour présenter une candidature, avant le 15 mars 2018, envoyer CV, lettre de motivation et relevé de notes à : msevero@parisnanterre.fr

Culture de données et données pour la culture – 12 décembre 2017

Depuis trois ans, l’Université Paris Nanterre s’est engagée dans une démarche d’Open Data en partenariat avec le Conseil départemental des Hauts-de-Seine. Elle fait ainsi partie des premiers établissements universitaires à s’être engagés dans cette voie de l’ouverture des données publiques en France.

Dans cette perspective, l’université organise le 12 décembre 2017 la Deuxième Journée Open Data qui sera dédiée à l’ouverture de données culturelles. Durant cette journée, se pose le double objectif de sensibiliser les acteurs locaux à la culture des données ouvertes – notamment ou plus spécifiquement, dans le champ culturel – et de présenter un retour d’expérience de la part d’institutions situées dans le département des Hauts-de-Seine ou relevant du périmètre plus large de la COMUE Université Paris Lumières.

L’après-midi sera organisé sous la forme d’ateliers ouverts à tout public (personnels, étudiants, citoyens, etc.) pour échanger de manière opérationnelle autour de la stratégie Open Data dans le champ de la culture, des contraintes juridiques et de la question de la qualité des données. Un atelier Wikimédia sera également organisé à partir des données issues des collections de la BDIC.

 

Inscription obligatoire : https://goo.gl/forms/1jMFpcOS2AE5eYYA2

 

Edit-a-thon PciLab

Le 3 octobre 2017, l’équipe du projet participera à l’Edit-a-thon organisé pour le lancement du site web www.pci-lab.fr, le site de l’inventaire français du Patrimoine culturel immatériel qui agrège le travail des chercheurs et organismes partenaires du ministère de la Culture.

Cette journée contributive vise à enrichir les projets Wikimédia en français et en langues de France. La journée est organisée conjointement par l’ethnopôle InOc Aquitaine, le ministère de la Culture et Wikimédia France.

Elle sera occasion de poursuivre le travail commencé sur le wikipédia francophone avec le portail Patrimoine Culturel Immatériel et de le développer sur les Wikipédia en langues de France en contribuant tant en français, en basque, en breton, en corse, qu’en occitan, etc. autour des fiches de l’inventaire français du Patrimoine culturel immatériel.